Elle Fanning égérie de Lolita Lempicka

Publié le December 06, 2012

En tombant sur cette pub à la télé hier soir, je n'ai pas pu m'empêcher de m'interroger sur la nouvelle cible du marketing des grandes marques de parfums et de cosmétiques que constituent les jeunes adolescentes.

Dans ce clip, Elle Fanning, actrice américaine de 14 ans, joue à la perfection la femme enfant dans un sous-bois enchanteur afin de promouvoir un parfum justement baptisé "Premier Parfum". La vidéo est sublime, l'actrice parfaite, naturelle, juste, captivante, la musique prenante. Le seul détail qui me gêne c'est la tendance de l'industrie cosmétique à vouloir étendre son marketing à de jeunes ados qui utilisent tour à tour leurs armes de futures adultes (la séduction) et leurs armes d'enfants (les larmes) afin de sous tirer à leurs parents les fonds nécessaires à l’acquisition de produits cosmétiques.

Car visiblement, si ces jeunes filles sont la cible des marques, c'est qu'elles ont du pouvoir d'achat, ou plutôt, qu'elles utilisent celui de leurs parents. Bien sûr, nous avons toutes fait du shopping avec nos mères à cet âge, et acheté des produits cosmétiques. Seulement je m'interroge sur le bien fondé moral de cibler directement ces jeunes filles dans des publicités pour des produits d'ordinaire majoritairement réservés aux adultes.

Car la question est là, et l'industrie se la pose: à quand les cosmétiques pour enfants? Les protocoles de soins spécialement adaptés à leurs peaux (déja existant pour les peaux boutonneuses des ados, mais ça on dit merci!)? Le "premier maquillage"? Où fixer la limite? Certains spas proposent déjà des séances de hammam adaptées aux enfants, des bains à remous à la fraise Tagada ou encore des goûters d'anniversaires organisés dans le spa autour de soins soi-disant adaptés.

Je me souviens de mon premier parfum ou des premières fois où j'ai été autorisée à sortir avec "un peu de mascara", comme des rites de passage progressifs et encadrés par ma maman, qui me guidaient lentement vers l'âge adulte. Les égéries qui incarnaient ces produits étaient toujours des adultes, je me sentais entrer dans un monde de "grande" et tout cela avait un léger goût de transgression. Mais un matraquage marketing vers des cibles de plus en plus jeunes et influençables n'est-il pas le meilleur moyen de brouiller les repères et de pousser trop vite ces jeunes filles dans un monde d'adultes?

Certes, on en revient toujours à la question de l'oeuf où la poule: sont-ce les jeunes filles de nos jours qui sont plus précoces et ont incité les publicitaires à suivre le mouvement ou sont-ce les publicitaires et les marques qui, dans un marché fortement concurrentiel grignotent lentement des parts de marché en élargissant leur public cible?

Voilà, toute cette histoire me pose question, et je n'y trouve pas encore de réponse satisfaisante. Taraudée entre le "c'est quand même assez scandaleux!" et le "mais de toute façon on a toutes acheté des cosmétiques étant ados, la pub mettant en scène des ados fait-elle une si grande différence?", je m'interroge.

Et vous qu'en pensez-vous?

La version longue de 3 minutes (très belle)

La version courte d'1 minute qui passe à la télé

Rédigé par Mademoiselle Montmartre

Tagged #beaute, #billet d'humeur

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